vendredi 22 janvier 2010, par
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L’Arménie et la Turquie se sont mutuellement accusées, mercredi, d’avoir violé les termes clés de leurs accords, concernant les implications de la décision de la Cour constitutionnelle arménienne.
Les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont eu une conversation téléphonique tendue qui menacerait la normalisation des relations turco-arméniennes.
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré qu’Erevan compromettrait sérieusement le processus de normalisation si le gouvernement ne « corrigeait » pas l’interprétation des protocoles de la Cour constitutionnelle arménienne.
« Nous n’avons jamais fait examiner les protocoles par notre Cour constitutionnelle », a-t-il déclaré. « Nous les avons transmis directement au Parlement, sans y apporter de changement. Il s’agit d’une preuve de notre sincérité. L’Arménie a, quant à elle, essayé de changer le texte. »
M. Erdogan aurait également précisé qu’Ankara continuerait à lier la ratification parlementaire et la mise en œuvre des protocoles à une résolution du conflit du Haut-Karabagh acceptable pour l’Azerbaïdjan.
La Cour constitutionnelle a reconnu, le 13 janvier, la conformité des accords « à la Constitution de l’Arménie ». Elle a également indiqué que les documents n’ont aucune incidence sur l’occupation du Nagorno-Karabagh par les troupes arméniennes ou sur la poursuite des activités en vue de la reconnaissance par les instances politiques du génocide arménien.
Dans un communiqué publié lundi, le ministère turc des Affaires étrangères a assimilé cela à des « conditions préalables et des dispositions restrictives qui nuisent à l’esprit des protocoles ». Ahmet Davutoglu a réitéré ces propos au cours de sa conversation téléphonique avec son homologue arménien, Edouard Nalbandian.
Nalbandian aurait déclaré à Davutoglu que de telles déclarations ne sont que des « prétextes artificiels » pour empêcher le rétablissement des relations diplomatiques et l’ouverture de la frontière avec l’Arménie.